les milles Kasbahs
March 19, 2009 by admin
L’enchantement commence à Ouarzazate, ville de garnison fondée en 1928 par la puissance coloniale française pour soumettre les tribus berbères du Haut et du Moyen Atlas, porte du désert, seuil de la “Vallée aux mille kasbahs“. Comme un viatique et un symbole - un échantillon de splendeur -, la kasbah de Taourirt à Ouarzazate, ancienne possession de la tribu des Glaoui restaurée par l’Unesco, annonce le catalogue de merveilles architecturales de terre crue qui composent, tout au long de la route vers les gorges du Dadès, des tableaux saisissants aux motifs ocre et rouge … Délités par les pluies et l’érosion, dressés comme des châteaux hantés sur un piton rocheux, plaqués ton sur ton contre la paroi minérale, ces constructions exaltent l’art rural amazighe. Comme les vallées avoisinantes, ce territoire est celui des Berbères.
Nomades ou sédentaires, ils peuplent les contreforts sahariens depuis des millénaires. Le spectacle fascinant des fortifications de leurs anciens seigneurs est aujourd’hui trompeur: la vie quotidienne des Berbères a peu à voir avec la puissance et la gloire.
Les tighremts, construits en adobe et dont les quatre tours d’angle aux merlons en épi entourent un patio, contrôlaient les oasis et leurs voies d’accès, servaient de points de ravitaillement pour les nomades du désert et défendaient les caravanes contre les brigands ou protégeaient les jardins et les maisons des populations sédentaires ces châteaux blonds ou rouges, aux parois constituées, en bas, d’argile tassée entre deux planches et, en haut, de briques aux motifs ajourés, servent de référence aux maîtres maçons de la vallée du Dadès : ils utilisent la terre extraite sur place, taillent les poutres dans les troncs de peupliers de l’oued, laissent agir l’air et le soleil pour renforcer la solidité de l’argile mêlée de paille. Dans les douars, de simples maisons de terre à toit plat se regroupent autour d’une ou plusieurs casbahs. Protégées par des remparts percés de portes, elles forment alors un ksar.

les milles casbahs
Dans son bureau de la kasbah de Taourirt, Mohamed Boussalh soupire. Il est responsable à Ouarzazate du Centre de restauration et de réhabilitation des zones atlasique et su atlasique, le Cerkas, créé par le gouvernement marocain en 1990 pour gérer les projets de restauration des quelque 400 casbahs recensées dans les vallées du Sud depuis 1975. “Nous manquons de moyens et il faudrait modifier les lois de succession. Pour commencer les travaux, il faut parfois traiter avec 60 héritiers, l’un possède une fenêtre, l’autre une porte !” Mohamed tape du plat de la main sur le bureau. ” Il ne faudrait pas oublier l’histoire. , la complexité et la créativité de cette terre amazighe. Nous sommes sur la route des caravanes qui ont
apporté au pays la richesse. La région a aussi fourni «des intellectuels, les plus grand esprits de leur temps. Et puis, ce merveilleux savoir de l’architecture de terre est tout simplement unique. Développer cette région n’est que lui rendre justice ! . ..
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