Fès: le plan PDRT, des chantiers en retard

September 12, 2009 by admin  

Le comité de pilotage du Programme de développement régional touristique (PDRT) devra tenir sa réunion trimestrielle incessamment. Au menu, la présentation du bilan de quatre ans (2005-2009) et les projets PDRT. La réunion devra aussi donner une idée générale sur l’offre en hébergement, l’animation, la réhabilitation de la médina, la consolidation des circuits touristiques, la promotion, le transport aérien et l’amélioration du cadre urbain.
D’emblée, l’on sait que grâce aux actions promotionnelles menées par le Conseil régional du tourisme (CRT) et l’ONMT, la destination a enregistré durant les six premiers mois de 2009 une hausse de 10% des nuitées. Fès s’installe désormais comme une destination de «City Break».
Pour ce qui est des chantiers du PDRT, ils sont tous en phase de réalisation. A commencer par celui de la zone touristique Oued Fès. Ici, les travaux ont repris, après quelques mois d’arrêt, dans l’esprit de doter cette zone de plus d’espaces verts surtout du côté voisin au Palais royal de Fès. Il s’avère également que l’installation des réseaux d’eau et d’assainissement ainsi que des voiries est réalisée à plus de 80%. Le golf urbain sera fin prêt dans quelques semaines. Aussi, l’appel à manifestation d’intérêt pour des projets de construction d’unités hôtelières serait sur le point d’être lancé. Confié à MedZ, la filiale de CDG Développement, l’aménagement de cette zone a pris quand même un retard de plus d’une année si on se réfère au cahier des charges du PDRT. «Ce retard est dû particulièrement aux contraintes du site, notamment la ligne haute tension qui le traverse et les stagnations des eaux en période de pluie», avait souligné un responsable de MedZ au cours d’une précédente réunion.
S’agissant de la zone touristique de Wislane, un aménageur espagnol avait présenté un projet d’investissement dans l’hôtellerie concernant une assiette foncière de plus de 70 ha. Seul bémol, l’investisseur visait plus la promotion immobilière que le tourisme. «Finalement, il a revu sa copie et je croix que le nouveau plan pour l’aménagement de 30 ha seulement est le bon», confie Mohamed Rherrabi, wali de la région de Fès-Boulemane et notamment président du comité de pilotage du PDRT. Du côté de la médina, le développement des capacités d’hébergement se poursuit. Outre les maisons d’hôtes, les promoteurs s’intéressent désormais aux grands palais comme Dar Ba-Mohamed et Al-Mokri. Sauf que pour ces maisons à grande charge historique, le ministère des Habous est toujours «réticent». Il y a aussi des problèmes liés aux héritiers. Pour la petite histoire, l’agence immobilière qui a initié la vente de Dar Ba-Mohamed Chergui  a dû négocier pour le compte d’un client français avec une soixantaine d’héritiers. Le responsable de ladite agence a noté que la transaction a été dure et a nécessité plus de 14 mois de négociations. «Il était surtout question de rassembler et convaincre tous les héritiers de céder le foncier», indique-t-il.
D’autre part, la restauration du triangle MoulayDriss-Karaouiyine-Sidi Ahmed-Tijani, et l’amélioration des accès sont d’un grand apport. Les touristes disposent désormais de circuits propres, animés et chargés d’histoire et de culture. La réhabilitation des foundouks et leur reconversion en lieux d’animation, sont en marche. Sans oublier la réhabilitation des medersas Attarine et Cherratine, la restauration et la mise en valeur des murailles de la ville, la délocalisation des unités de poterie et de dinanderie, respectivement vers les quartiers Ben Jellik et Aïn Nokbi et la mise à niveau de la tannerie Chouara.
Rappelons que le concept qui a été retenu pour la vision du PDRT repose sur la richesse culturelle: «Musée millénaire vivant, destination authentique de rencontres culturelles et spirituelles». Pour ce qui est de l’axe différenciateur, la médina devrait séduire. Classée patrimoine universel, cette dernière est le seul endroit au monde qui vit encore selon un art et un mode de vie ancestraux. Grâce à cet atout, la destination Fès devra tripler le nombre des nuitées d’ici dix ans. Aujourd’hui, on enregistre quelque 800.000 nuitées avec une durée moyenne de séjour (DMS) de 2,1 jours, un taux d’occupation de 34% et une capacité de 5.880 lits. Selon les termes du PDRT, Fès devrait, à l’horizon 2015, drainer une clientèle de tout âge, posséder une capacité de 10.400 lits, enregistrer 1.880.000 nuitées.
Enfin, l’amélioration de l’environnement de la clientèle se poursuit. A cet égard, une attention particulière a été accordée aux boulevards. Ceci, à travers la rénovation des avenues Hassan II (80 millions de DH) et Allal Ben Abdallah (40 millions de DH), l’aménagement des boulevards Moulay Youssef, Alaouiyine, Essaidiyine (62,5 millions de DH), l’avenue Moulay Rachid et de la route d’Imouzzer (25 millions de DH), ainsi que l’aménagement d’espaces verts.

Youness SAAD ALAMI

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