Tourisme Maroc: Les états généraux pour préparer l’après-2010
October 24, 2009 by admin
LE rendez-vous a été pris mercredi dernier dans une rencontre exceptionnelle qui avait réuni à la CGEM une quinzaine d’opérateurs, la Fédération du tourisme et le président de la Confédération patronale ainsi que son vice-président général. La décision de tenir les états généraux du tourisme le 28 octobre a été entérinée par tous les participants. Cette date n’est pas anodine, elle marquera en effet le 8e anniversaire de la conclusion de l’accord-cadre de la «Vision 2010».
Si le clin d’œil est parfait, pour le patronat il s’agit de manifester sa volonté d’être plus présent dans la confection du prochain plan stratégique du tourisme, un secteur vital de l’économie (un peu plus de 55 milliards de dirhams de recettes brutes en équivalent devises en 2008). Le patronat craint que la plateforme du plan stratégique 2020 du tourisme n’assure pas de liant avec les réalisations et l’esprit de la «Vision 2010». Le président de la CGEM, Mohamed Horani, l’a plus ou moins exprimé à la rencontre de mercredi: «Parler de la Vision 2020 pour améliorer le qualitatif est une excellente perspective d’avenir, encore faut-il que le fondement de la stratégie de la Vision 2010 soit revisité, et cela dans un cadre participatif entre le secteur public et le privé». Cela ressemble à une pierre jetée dans le jardin du ministre du Tourisme à qui une partie des opérateurs reprochent «de dénigrer la Vision 2010 et de vouloir faire cavalier seul pour la Vision 2020 au lieu de s’appuyer sur le partenariat et le pilotage stratégique qui ont fait le succès de la politique touristique».
Tout en refusant de s’inscrire dans la confrontation, le patronat n’entend pas signer une vision à laquelle il ne serait pas étroitement associé. Voilà qui sonne comme un avertissement. Les états généraux prévus le 28 octobre seront l’occasion de brosser un état des lieux du secteur et le bilan des réalisations, mais aussi de relever ce qui n’a pas bien marché dans le plan stratégique qui arrive à terme en 2010: les apports du secteur touristique à l’économie, les ruptures majeures de ces 8 dernières années, et de suggérer des pistes d’ajustements qui serviraient de données d’entrée au prochain plan stratégique. Il s’agit donc de tirer les enseignements utiles pour améliorer la faisabilité de la «Vision 2020». Cela passera par des questions qui fâchent: pourquoi la multiplication des PDRT (plans de développement régionaux du tourisme) n’a abouti à aucune action concrète sur le terrain? Pourquoi les stations du plan Azur n’ont pas été réalisées comme prévu initialement? Ces états généraux permettront aussi de recadrer les priorités: devrait-on continuer à focaliser sur la concession de l’aménagement des stations balnéaires alors que le secteur est en proie à de gros problèmes de formation? C’est aussi à ce type de questions que le rendez-vous du 28 octobre permettra d’apporter quelques éclaircissements. Du moins, selon les participants à la réunion de mercredi dernier à la CGEM (voir encadré). Par ailleurs, le patronat a décidé de dédier un comité stratégique au tourisme, une structure présidée par l’ancien président de la FNT, Mohamed Benamour. Celui-ci est aussi vice-président de la Confédération patronale.
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