Zagora: La zaouïa Nassiriya a Tamegroute

Dans l’extrême sud du pays, le décor n’a plus rien de la solennité du Palais royal.  À Zagora Tamegroute, dans la zaouïa Nassiriya, reposent les manuscrits des sables … En l’an 1100 de l’Hégire (1688 de l’ère chrétienne), aux confins de la vallée du Draa, la bourgade de Tamegroute rayonne grâce à sa prestigieuse médersa. Abou Abdallah Ben Mohammed Naceur, homme fort croyant et fort cultivé, fait six pèlerinages à La Mecque, et les ânes qui l’escortent en reviennent chargés de livres précieux, acquis à Cordoue, au Caire et dans tous les lieux où les sciences, les lettres et la religion ont laissé leur empreinte écrite …

En l’an 1428 de l’Hégire (2007 de l’ère chrétienne), aux confins de la vallée du Draa, Sidi Ben Naceur dort sous les tuiles vernissées de son marabout, où les simples d’esprit quémandent son aide miraculeuse, et 60 garçons psalmodient les 104 sourates dès le lever du jour dans la zaouïa reconstruite après l’inondation de 1983. Allongé sur des coussins qui ont pris la forme de son corps depuis 1959, devant la porte du temple dont il est le gardien, Hadj Khalifa Ben Lahcen veille sur les manuscrits. Read more

Les manuscrits de la Bibliothèque royale

May 13, 2009 by  
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Bibliothèque royale du palais de Rabat. Solennel, le lieu porte le sceau de la munificence de la dynastie alaouite. Au fond, derrière des portes de verre, on devine le bureau personnel du roi. Ahmed-Chouqui Binebine, le directeur de la bibliothèque, qui a consacré un doctorat d’État, à l’université de Bordeaux, aux bibliothèques marocaines, est le gardien et l’avocat des trésors que les hasards de l’Histoire ont réunis ici. Les documents exceptionnels qui garnissent les rayons de la bibliothèque sont, en effet, des survivants. Pour arriver jusqu’au Ille millénaire, les parchemins et leurs enluminures, tout comme les livres de papier, ont triomphé des termites et, plus encore, des hommes: vols, pillages, autodafés, méconnaissance de la valeur des papiers de la mémoire, analphabétisme et bêtise ont vite fait de réduire la transmission des savoirs. “les souverains marocains ont toujours accordé une grande importance à la conservation des écrits, explique M. Binebine. Mais il faut se souvenir que la cour était le plus souvent nomade et que les livres la suivaient”. Quand commence le protectorat français, en 1912, une bonne partie de la bibliothèque royale devient au contraire très sédentaire: elle est emmurée à Fès, et ne sortira de l’ombre qu’un demi-siècle plus tard. Depuis, une tâche jamais terminée de conservation, de recensement et de catalogage est en cours. Ahmed-Chouqui Binebine saisit un ouvrage en langue arabe. “L’un des premiers soucis est de dater, de caractériser et d’attribuer l’ouvrage. Pour cela, il existe souvent sur la dernière page un colophon enluminé portant le nom du copiste, la date, parfois le lieu et l’appartenance ou non à une série de tomes” Les manuscrits sont des balises qui jalonnent l’histoire culturelle du Maghreb, voire de tout le monde arabe. Les textes religieux, corans et commentaires critiques, sont les plus nombreux. D’autres montrent comment les musulmans de notre Moyen Âge ont été les passeurs des connaissances scientifiques entre l’Antiquité classique et la Renaissance. Read more

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